L'ENTRETIEN avec Pr Oumar Dioum LUNDI 07 MARS 2016

Bangladesh: les étrangers étaient la cible des fanatiques extremistes

La prise d'otage à Dacca au Bangladesh est terminée. L'armée a donné l'assaut ce samedi matin contre un café où une vingtaine de personnes, dont plusieurs ressortissants étrangers, des Italiens, des Japonais, une Indienne et un Américain, étaient retenus en otage par plusieurs hommes armés au cœur de la capitale Dacca depuis vendredi soir.

Vingt civils sont morts dans l'attentat et quatorze otages ont été secourus. Retour sur le déroulé des évènements.

La prise d'otages a commencé vendredi soir vers 21 heures, un commando islamiste composé de 6 à 10 hommes selon la police, avaient fait irruption en criant « Allahu Akbar » (« Dieu est le plus grand ») dans le restaurant Holey Artisan, situé à Gulshan, un quartier chic de Dacca, fréquenté par des diplomates. Ils ont ouvert le feu et ont fait aussi usage d'explosifs.

Il y a avait à l'intérieur quelques dizaines de personnes, des étrangers pour la plupart. Les assaillants ont ouvert le feu et ont fait aussi usage d'explosifs. Puis, ils ont séparé les étrangers des autres personnes qui se trouvaient dans l'établissement. La plupart des vingt victimes ont été égorgées. Un Américain, une Indienne, sept Japonais et neuf Italiens ont été tués. Un autre ressortissant italien est porté disparu. Il était présent dans le restaurant au moment de l'attaque, mais n'a pas été identifié parmi les vingt victimes. Deux Bangladais figurent également parmi les victimes.

Et puis, ce samedi matin, vers huit heures, heure locale, plus de cent membres des forces spéciales ont donné l'assaut dans le restaurant Holey Artisan et ont réussi à libérer 13 personnes.

La prise d'otages a été revendiquée par l'organisation terroriste Etat islamique, qui a affirmé que 24 personnes au total avaient été tuées. Pourtant, les autorités du Bangladesh affirment qu'il n'existe aucun lien opérationnel entre les islamistes du pays et les réseaux jihadistes internationaux. Selon la presse, tous les preneurs d'otages étaient des ressortissants Bangladais.

La Première ministre Sheikh Hasina s'est adressée à ses concitoyens samedi soir, rapporte notre correspondant à New Delhi Antoine Guinard. Mme Hasina a appelé le pays à s'unir pour éradiquer le terrorisme. Mais son gouvernement n'a pas tardé à être critiqué dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le parti au pouvoir n'a en effet cessé de nier la présence de l'Etat islamique au Bangladesh, alors même que l'organisation terroriste a revendiqué la majorité des meurtres imputés à des islamistes depuis trois ans. Deux jours de deuil national ont été décrétés dans le pays.

Les victimes japonaises étaient en mission

Les Japonais tués dans l'attentat ont été envoyés au Bangladesh par l’Agence de coopération internationale pour réaliser un projet de développement d’infrastructure, précise notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles. Le président de l’agence admet que ce restaurant a sans doute été considéré comme une cible facile par le commando islamiste.

A Tokyo, des médias laissent déjà entendre que les professionnels japonais du développement ne reçoivent pas une formation adéquate pour faire face à une attaque terroriste, survivre en cas d’assaut, évaluer les risques dans des endroits non sécurisés.

Les experts de la sûreté pour les professionnels japonais de l’aide au développement déclarent que le gouvernement japonais ne dispose pas non plus d’une cellule de crise efficace pour intervenir à l’étranger.En octobre dernier, un expert japonais de l’alimentation du bétail à rendement élevé avait déjà été tué par des militants islamistes au Bangladesh.

Source : rfi

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