L'ENTRETIEN avec Pr Oumar Dioum LUNDI 07 MARS 2016

Meutre du prisonier Brahim

Six gardes affectés à la prison de Dar Naïm ont tous été radiés et emprisonnés, suite à la mort sous la torture du prisonnier Brahim.

Aujourd’hui, les proches des gardes subalternes protestent contre l’implication de leurs enfants, arguant que les responsabilités dans ce meurtre doivent clairement être définies.

Selon eux, l’acte a été commis par le lieutenant et deux autres gradés et que pour les autres gardes, ils étaient ailleurs devant le portail de la prison et n’ont participé ni aux tortures infligées au prisonnier ni à sa mort. Il faut rappeler que les faits dont il est question remontent à deux mois.

Un prisonnier du nom de Brahim a été sorti de sa cellule et battu à mort. Interrogé, le lieutenant de service, présumé auteur de l’acte a été entendu par la gendarmerie. Il a affirmé avoir agi sous les ordres du capitaine commandant la garde de la prison de Dar Naïm.

Il refusera ainsi de signer son P.V d’audition, sous prétexte que ses propos ont été raccourcis et que la déclaration selon laquelle il n’avait fait qu’obéir aux ordres de ses supérieurs pour qui la torture faisait partie d’une longue tradition dans les prisons, n’y figurait pas. Aujourd’hui, les proches des gardes sont parvenus à un arrangement avec les ayants droits du prisonnier à qui ils ont versé la Diya de 3 Millions d’UM.

En contrepartie, la famille de Brahim a retiré sa plainte. Mais le Parquet de la République refuse d’arrêter la machine judiciaire et soutient que seule la Cour Criminelle devant laquelle les inculpés comparaîtront décidera de leur sort. Un avis non partagé par les parents des gardes, qui estiment que leurs enfants sont innocents et qu’ils ne peuvent pas faire les frais d’un crime dont ils sont étrangers.

Mourir en cellule : le drame des prisonniers de Dar Naïm

Un détenu a trouvé la mort il y a deux jours dans la prison de Dar Naïm, un centre pénitencier qui commence à avoir une triste renommée, au rythme des drames qui s’y déroulent régulièrement. En effet, le corps sans vie de Mohamed Ould Souleymane, un prévenu de droit commun qui attendait son procès depuis 3 années, pour une affaire de meurtre pour lequel il ne sera jamais hélas jugé, souffrait de tuberculose depuis une année. L’administration s’était contentée de l’isoler dans une cellule individuelle.

Aujourd’hui, la conviction est forte au sein de l’opinion publique qu’on l’a laissé mourir froidement, malgré les déclarations faisant état d’un suivi médical dont il était l’objet. Mais rien ne peut remplacer un suivi médicalisé dans un hôpital. Le Procureur s’est présenté sur les lieux accompagné de la Police Scientifique, dirigé par l’Inspecteur Kénémeh Amadou. Son adjoint, l’Adjudant Sow Ousmane et le Brigadier Chef Dabo y étaient.

Le régisseur qui s’était absenté à Rosso est revenu aussitôt dès l’annonce de la nouvelle. Ce drame pose de nouveau le problème lié au suivi sanitaire des prisonniers de Dar Naïm, qui continue de souffrir malgré les nouvelles dispositions prises par la direction des prisons d’améliorer ce volet.

Un médecin appuyé par un infirmier répondant au nom d’Alassane Boye se relaye certes au chevet des malades de la prison, mais les moyens semblent manquer à cette petite infirmerie qui a l’ambition de répondre aux besoins d’une population carcérale estimée à plus d’un millier de prisonniers. L’occasion de rappeler que plusieurs autres malades attendent leur sort, dans cette prison mouroir. Plusieurs étrangers y souffrent de maladies multiples.

Le Dr.Yacoub, le médecin de la prison de Dar Naïm aurait signalé au Procureur de la République il y a quelques temps l’état critique de sept prisonniers, dont des Maliens et des nationaux. Un rapport médical détaillé serait actuellement sur la table du Parquet pour consignes à prendre. La mort qui vient d’être signalée devra pousser davantage l’administration des prisons à éviter que Dar Naïm ne devienne une référence lugubre dans le registre carcéral en Mauritanie.

Abou Cissé.

Cridem.org

 

Additional information