L'ENTRETIEN avec Pr Oumar Dioum LUNDI 07 MARS 2016

TPMN demande l’arrestation et jugement du président Ould Taya

Dans le cadre de la célébration du 64ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, le mouvement Touche Pas à Ma Nationalité a tenu un sit-in ce jeudi 13 décembre devant l'ambassade du Qatar à Nouakchott pour demander l'arrestation et la traduction en justice du Président Ould Taya.

Le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, ancien président mauritanien, se trouve au Qatar depuis son renversement le 3 août 2005 de la tête de l’Etat.

Le mouvement a tenté en vain de remettre une lettre aux autorités diplomatiques qataries. Dans la lettre, TMPN affirme que «le Qatar qui aspire aujourd’hui à jouer un rôle de premier plan dans l’espace géopolitique mondial et en particulier dans le devenir du monde arabe comme en témoignent vos positions courageuses dans ce qu’il est convenu d’appeler les printemps arabes, accueille sur son territoire le plus grand criminel que la Mauritanie ait jamais connu en la personne de son ancien président, Moâwiya Ould Sid’Ahmed Taya».

«Cet homme, qui a régné sans partage sur la Mauritanie pendant plus de vingt ans, a sur les mains le sang de milliers de mauritaniens dont le seul tort était d’être noirs et non arabes. Sous son règne en effet, a eu lieu une opération d’épuration de la Mauritanie de sa composante négro-africaine qui s’est traduite dans les faits par l’assassinat de plus de cinq cents militaires entre 1990 et 1991 dans les camps mouroirs d’Inal, Jreida, Azlatt et autres. Dans le même temps 355 citoyens noirs civils, cette fois, sont massacrés dans la vallée du fleuve qui tient lieu de frontière avec le Sénégal et 476 villages peuplés de noirs sont détruits et leurs habitants déportés vers le Sénégal et le Mali. Ils seront au total plus de 120.000 noirs de Mauritanie à être déportés dans ces deux pays voisins», ajoute la lettre.

«Ces faits, dont la gravité n’a jamais été égalée dans l’histoire de la Mauritanie et dont le paroxysme a été atteint dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, avec la pendaison de 29 militaires noirs à Inal pour célébrer le trentième anniversaire de l’indépendance nationale, relèvent des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité par leur caractère systématique et généralisé (toutes les catégories socioprofessionnelles : civils et militaires, formel et informel, etc.) et par leur orientation ethnico-raciale (seuls les négro-mauritaniens sont touchés)qui démontrent, si besoin est, que l’épuration ethnique était planifiée et savamment orchestrée au plus haut niveau de l’Etat mauritanien», selon la lettre.

Boolumbal.org

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